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Les filières » L'Espagne
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L'Espagne, pays de presque 40 millions d'habitants, est une monarchie parlementaire régie par la Constitution de 1978 et a intégré l'Union Européenne en 1986.
L'Espagne est divisée en 17 communautés autonomes et 50 provinces. Le système politique décentralisé octroie une part importante du pouvoir économique aux administrations régionales. Les consciences régionales y sont plus affirmées qu'en France (exemple de la Catalogne et des Provinces Basques).
La répartition de la population par communauté autonome est la suivante :
 
COMMUNAUTE AUTONOME Nbre d'habitants
(2002)
% du total PIB/Habitant
(2002 -Euros)
Andalousie 7.478.432 18,01 13 320
Catalogne 6.506.440 15,53 22 041
Madrid 5.527.370 13,28 22 870
Communauté Valencienne 4.320.708 10.19 18 231
Galice 2.737.370 6.60 15 322
Castille et Leon 2.480.369 6.01 17 037
Pays Basque 2.108.281 5,10 21 355
Castille-La Manche 1.782.038 4,31 14 576
Canaries 1.843.755 4,15 15 681
Aragon 1.217.514 2,95 19 211
Murcie 1.226.993 2,93 14 273
Asturies 1.073.971 2,60 15 427
Estrémadure 1.073.050 2,59 12 733
Baléares 916.968 2.06 22 570
Navarre 596.628 1,36 22 222
Cantabrie 542.275 1,31 16 441
La Rioja 281.614 0,68 20 482
TOTAL Espagne 41.837.894 100  




On remarque que 4 communautés autonomes représentent plus de 55 % de la population espagnole : l'Andalousie, la Catalogne, Madrid et la Communauté Valencienne. Par ailleurs, la population vieillit : la catégorie des plus de 65 ans prend le pas sur celle des 0-14 ans. Cela a des répercussions sur la typologie des produits consommés dans les foyers espagnols.

A noter également : la baisse constante du chômage ces 7 dernières années (23,9% en 1994 ; 12,7% en 2001 ; 11,12% en 2003) qui affecte cependant plus les femmes (26%).

Le coût du travail est évalué à 13,24 euros / heure quelque soit le secteur d'activité.


Une croissance toujours supérieure à celle de la zone Euro :
 

Sur fond européen de panne de croissance, l’Espagne résiste mieux que l’Allemagne ou les Pays Bas, sans échapper cependant au ralentissement économique mondial constaté en 2002 et 2003. A 2,8% en 2004, le taux de croissance de l'Espagne sera supérieur de 1 point à celui de la zone euro.

La consommation moyenne des ménages espagnols a augmenté de 27,5% pendant la période 1992 à 2002. Elle est de 19 820 € en 2002.

En 2003, la France continue d'être le premier partenaire de l'Espagne. L'Espagne est le deuxième partenaire de la France (10% des exportations) derrière l'Allemagne et le 3e fournisseur (7,5% des importations) derrière l'Allemagne et l'Italie.
Parmi les principaux produits exportés figurent les véhicules et équipements automobiles (33%), la construction aéronautique, les produits sidérurgiques et les préparations pharmaceutiques.


Profil du consommateur espagnol en 2003
 

L’Espagne est un pays qui change rapidement ses modes de consommation. Alors que sa population stagnait jusqu’en 96, 1997 a amené une augmentation du nombre de ménages (15 millions en 2003) alliée à une diminution du nombre de personnes par ménage. La famille nombreuse est ainsi devenue marginale.
Quelques explications à ces chiffres :
- l’Espagne est un pays qui vieillit
- les Espagnols se marient tard et retardent l’arrivée du premier enfant à 30/31 ans
- la natalité est parmi les plus faibles d’Europe avec un record mondial en Asturies (0,80 enfant/femme)
- depuis 98, un afflux de 2,4 millions d’immigrants (dont 1 million d’illégaux) a été comptabilisé (une immigration économique, issue d’Amérique Latine, du Maghreb et d’Afrique ; mais aussi de retraités aisés d’Europe du Nord)

La consommation change aussi : le logement représente maintenant 30 % des dépenses des ménages et a détrôné les dépenses alimentaires (21%). L’endettement des ménages, résultant de la frénésie de consommation progresse également. Une surprise : la faible pénétration d’Internet avec un taux d’équipement des familles à peine plus élevé qu’en Grèce, dernier du classement.

Les produits alimentaires
Estimé à 48 M€ (soit une progression de 5,8% en 1 an), ce marché présente de fortes disparités régionales. Par exemple, suivant les régions, la consommation de poisson peut varier du simple au double. De nouvelles tendances apparaissent, comme l’intérêt pour des aliments synonymes de santé et de bien-être personnel, la commodité et la rapidité de préparation (maintenant, 46% des femmes espagnoles travaillent !) mais aussi, la soumission aux modes (un Espagnol passe en moyenne 3h30 devant une TV dont les recettes sont assurées par la publicité et non la redevance).
La part du commerce traditionnel continue de baisser, plus au profit du supermarché que de l’hyper. A noter : les 5 premières chaînes de distribution concentrent 61 % des ventes alimentaires.

  Forces et faiblesses du tissu économique espagnol
   

Atomisation

 

L’Espagne compte 3 millions d’entreprises, dont 51 % dans les services (hôtellerie, transports, communication).
8 % de ces entreprises, soit 240 000 entreprises, appartiennent aux secteurs l’industrie ; seuls 4 % d’entre elles ont le statut de S.A. 60 % de ces entités sont des entreprises individuelles et 32 % des entreprises qui ne comptent qu’un salarié. A peine 10 % des entreprises industrielles ont plus de 20 salariés.
La mesure du risque n’est donc pas facile à prendre.

Le dynamisme des exportations espagnoles

 

C’est un phénomène observable dans l’ensemble des régions et communautés.
27 % des exportateurs appartiennent aux secteurs suivants :
- automobile,
- produits chimiques : 10,5 % (Catalogne)
- fruits et légumes : 5,5 % (Andalousie)
- produits sidérurgiques : 3,3 % (Pays Basque)

• Les exportations espagnoles se sont développées ces 20 dernières années, leurs positions sont donc plus faibles et les risques plus élevés.

• 75 % des exportations espagnoles sont destinées à la zone euro.

• Si le premier pays latino-américain n’arrive en 10ème position de la liste des destinations des exportations espagnoles, c’est que les entreprises espagnoles ont largement investi en Amérique Latine pour y produite. Les échanges avec cette zone ne figurent donc pas au chapitre des exportations.

• La Turquie et le Maroc sont les deux premières zones de délocalisation des entreprises espagnoles.

• Les 15 principales entreprises d’Espagne sont espagnoles dans les secteurs pétrolier, du commerce et de la distribution et étrangères dans les secteurs de l’automobile et de la grande distribution.

• La nouvelle loi sur les faillites, adoptée récemment en Espagne, va aboutir à un nombre plus important de déclarations de faillites dans les mois qui viennent. Ce nouvel environnement juridique va modifier à terme les pratiques des affaires.


Le tissu économique espagnol est de plus en plus en consonance avec la moyenne mondiale.

Des atouts certains

 

• Les fonds structurels européens ont été sagement employés, pendant des années.
• Le principal moteur de la croissance espagnole, la construction, s’est basée en partie sur le tourisme le boom des villes.
• L’Espagne dispose d’un solide système bancaire (la banque la plus solvable d’Europe est le Banco Popular).
• La modernisation des infrastructures et les nouvelles infrastructures améliorent la compétitivité espagnole.
• La projection en Amérique Latine des entreprises espagnoles leur donne une dimension internationale appréciable.
• L’importance des investissements espagnols au Maroc transforme ce pays en arrière-cour de l’Espagne.
• Forte productivité du secteur automobile (Palencia est la 2ème au monde, après Nissan aux USA).
• L’image positive de l’Espagne, associée au dynamisme, à la bonne vie, à l’originalité créative.
• Renault et Citroën ont décidé de réinvestir en Espagne, et Seat, qui avait tenté les PECO, revient sur sa décision.
• Capacité à intégrer la main d’œuvre immigrée (800 000 personnes vont être légalisées en 2005) et importance de cette main d’oeuvre pour les secteurs des services et de la construction.

Mais aussi des faiblesses

 

• Depuis plus de 10 ans, l’inflation espagnole est supérieure d’un point à la moyenne européenne, ce qui génère un problème de compétitivité et d’érosion des marges.
• L’insuffisance des investissements en R&D hypothèque l’avenir de certains secteurs ou entreprises.
• La taille des entreprises espagnoles (seulement trois d’entre-elles -Repsol, BBVA et Telefónica- apparaissent dans le classement des 100 premières européennes) : à l’heure des concentrations galopantes, c’est un mauvais point.
• La déconnexion entre l’investissement espagnol en Amérique Latine et les exportations espagnoles en Europe : les entreprises espagnoles ont relativement peu de filiales dans les pays où elles exportent.
• Extrême faiblesse de la présence espagnole en Europe de l’Est et en Asie, les deux régions qui « montent ».
• La faible mobilité régionale et internationale des Espagnols, tout comme l’antagonisme régionaliste ou la faible pratique des langues sont d’autres freins à l’internationalisation des entreprises espagnoles.
• La possible surcapacité hôtelière et résidentielle, qui excède la demande touristique et le pouvoir d’achat de la population espagnole, fait craindre l’éclatement de la bulle immobilière.

Anticiper, c'est prévoir...
 

• Le marché ibérique reste un débouché naturel pour l’industrie française.
• Le modèle de développement espagnol, basé sur la construction, les fonds européens et le tourisme de masse, arrive peut-être à son terme.
• Le tissu économique espagnol est aujourd’hui mûr pour une nouvelle étape de développement ; des mutations sont à attendre.

  Le commerce extérieur Nord-Pas de Calais/Espagne
   

En 2002, l'Espagne est le 5ème client et le 7ème fournisseur étranger de notre région.

En 2002, le solde du commerce régional avec l'Espagne est toujours excédentaire. Nous achetons à l'Espagne pour 1381 millions d'Euros et vendons pour 2282 millions €.

L'Espagne fournit principalement à la région des véhicules automobiles, des équipements pour automobiles (50% de nos achats à ce pays), des produits sidérurgiques.

Elle nous achète des véhicules automobiles et équipements, des produits sidérurgiques, des parfums et produits de toilette, des matières plastiques, du verre creux, des préparations pharmaceutiques.

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