Des caractéristiques économiques communes issues d'une histoire commune
S'il est un continent qui est né sous le signe des échanges, c'est bien l'Amérique Latine, dont la découverte a généré un formidable flux d'échanges commerciaux.
Au cours de 5 siècles d'histoire commune, cette zone s'est transformée sous l'influence de l'Europe, puis des Etats-Unis.
Les économies latino-américaines portent la marque de cette empreinte :
- Monocultures d'exportation destinées aux marchés extérieurs
- Exploitation des richesses naturelles et minières par des entreprises étrangères essentiellement.
Cette communauté de destin en tant que pourvoyeurs de richesses ancrés dans le commerce mondial rend la zone extrênement sensible aux variations des cours des matières premières et sujette aux crises extérieures.
La même structure de propriété de la terre, héritée de la Conquête, concentre toujours entre quelques mains des pans entiers de l'activité agricole d'une région et, paradoxalement, facilite le ciblage commercial pour les équipements agricoles ou de transformation des produits agricoles.
L'importance des groupes d'origine familiale dans certains secteurs industriels, autre trait marquant de l'ensemble des pays de la zone,est à prendre en compte dans l'approche de ces marchés.
Les tissus agricole et industriel locaux sont différemment développés, selon qu'ils fournissent le marché local ou les marchés étrangers. La taille des entreprises travaillant pour satisfaire la demande locale les rend plus perméables à l'offre technologique européenne.
L'achat, la valorisation, la transformation des nombreuses matières premières continuent d'appartenir à des centres de décision étrangers et les fournisseurs de certains biens d'équipement devront en tenir compte.
Enfin, dernier trait commun à tous les pays de la zone (sauf l'Uruguay), le poids de la dette hypothèque durablement le développement des économies latino-américaines.
Un développement tardif
Les immenses richesses générées par la Conquête n'ont pas contribué à l'émergence de sociétés développées; par voie de conséquence, les infrastructures sont souvent déficientes, les marchés intérieurs reflètent le faible pouvoir d'achat de la majorité des populations, les administrations manquent de moyens, les faibles niveaux de formation et d'éducation sont autant de freins au développement.
Une unité socio-culturelle nuancée
L'unité de culture latine et chrétienne recouvre des différences parfois nuancées: le Brésil, hors des centres urbains, a les traits d'une société féodale; les pays andins (Colombie, Pérou, Bolivie, Equateur) portent encore l'empreinte des civilisations rurales indigènes; le Chili, l'Argentine et l'Uruguay, plus marqués par l'influence européenne, offrent l'image de sociétés plus occidentalisées.
Mais plus on grimpe dans l'échelle sociale, moins on admet, d'un bout à l'autre du continent, de se voir rappeler, surtout par un visiteur étranger, le tronc initial de l'indien autochtone auquel se greffèrent les esclaves d'origine africaine amenées dès le 16ème siècle pour valoriser les terres du Nouveau Monde.
Les centres résidentiels des métropoles latino-américaines présentent une façade comparable à celle des pays développés et, selon les pays, de 5 à 25% de la population ont accès à une offre diversifiée de biens de consommation, où la moyenne gamme européenne se transforme parfois en haut de gamme.
Une certaine communauté de mentalité apparaît plus nettement dans le caractère sud-américain: une exubérance naturelle assez éloignée du cartésianisme, un enthousiasme communicatif qui n'aide pas toujours à mesurer l'importance de l'effort préalable, un penchant prononcé pour le court terme, naturel chez des élites qui ont plus souvent fait fortune dans le commerce qu'en se lançant dans l'industrie.
Enfin, la perception positive de la Fance, associée à l'idée du luxe, certes, mais aussi aux idéaux de justice et de liberté dont se sont réclamés beaucoup de pays latino-américains, aux pires moments de leur histoire récente, est encore un avantage dont peuvent tirer parti les exportateurs français.
La décennie de l'ouverture des marchés
Depuis une dizaine d'années, l'ensemble des pays latino-américains se sont lancés dans la voie préconisée par le GATT, puis l'OMC :
Montée en puissance des accords régionaux (Mercosur, Pacte Andin, Alena)
Augmentation des importations en provenance de l'ensemble du monde
Ouverture à l'investissement étranger
Essor des privatisations
Ce mouvement généralisé, même s'il connaît des hauts et des bas, provoque certains phénomènes :
Fin des monopoles locaux étatiques
Politiques d'ajustement et de rigueur budgétaires qui paupérisent les classes moyennes (Chili, Agentine, Colombie, Equateur...)
Valorisation accélérée de certaines richesses locales
Modernisation des infrastructures (ports, routes, énergie, télécommunications...)
Accueil d'unités de production délocalisées par les grandes puissances industrielles
Les entreprises françaises ont donc tout à gagner à s'intéresser à ces évolutions et à identifier les nouveaux marchés ainsi ouverts.
Un conseil ?
Une étude précise de votres secteur en Amérique Latine ?
Une approche de l'un de ses pays?